Du maloya traditionnel au maloya moderne
Un tournant important se produit dans les années 1970. Le maloya sort progressivement de la clandestinité et des cadres familiaux ou rituels pour gagner la scène et le disque. Des musiciens commencent alors à confronter les rythmes réunionnais aux musiques qu'ils entendent ailleurs.
Dans les années 1970, l'artiste Alain Peters participe à l'émergence d'un séga-maloya moderne, en électrifiant l'instrumentation et en intégrant des influences extérieures. Cette démarche ouvre la voie à des groupes comme Ziskakan ou Baster. Ces groupes conserve une identité réunionnaise très forte tout en faisant entrer dans leur musique guitare, basse, batterie, claviers et des influences venues du jazz, du rock, d'Afrique, de l'océan Indien ou des Caraïbes.
Le maloya moderne ne remplace pas le maloya traditionnel. Il s'appuie sur lui. Les artistes conservent certains éléments de son identité — rythmes, langue créole, chant, percussions, mémoire — mais les associent à des instruments et des styles venus d'ailleurs : rock, reggae, jazz, pop, hip-hop ou musiques électroniques. Le maloya devient ainsi une musique ouverte sur le monde, souvent qualifiée de musique fusion ou de world music.

Le maloya est classé au Patrimoine culturel immatériel de l'humanité de
l’UNESCO depuis le 1er octobre 2009.
Grâce à un dossier présenté par la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise avec l’aide du PRMA (Pôle régional des musiques actuelles) et le soutien de nombreux artistes. La Région Réunion avait en effet proposé l’inscription du Maloya au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.