3ème - Maloya & Créolité

« Comment le maloya permet-il à la culture réunionnaise de se transmettre tout en se renouvelant ? »


La voix comme vecteur central du Maloya

Essentiellement basée sur des percussions d'instruments traditionnels, le chant et la danse. Le maloya est une musique qui utilise des mots malgaches et africains, accompagnée d’onomatopées destinées à appeler les esprits. Ses origines descendraient des chants chantés par les esclaves extirpés de Madagascar, et d'Afrique de l'Est, pour résister et exister. Au XIXème siècle les engagés indiens de la côte de Malabar le pratiqueront en y intégrant le sati comme percussion. A partir de cette époque il sera aussi pratiqué par les "ti blan" des hauts (créole de petite condition).

Dans le maloya traditionnel, la voix est centrale : les instruments ne sont pas là pour accompagner une « chanson » au sens occidental, mais pour construire avec les voix un mouvement collectif.Le chanteur principal, souvent appelé le chanteur ou le meneur, lance une phrase : c’est l’appel. Le groupe reprend ensuite une formule assez courte : c’est la réponse. L’organisation caractéristique de cette pratique se nomme « chant responsorial », autrement dit l’alternance entre un meneur et un chœur.


Instrument du Maloya

Le Kayamb
L’histoire du kayamb est intimement liée à celle du maloya. Il serait arrivé avec les premiers esclaves à La Réunion entre 1690 et 1724, date de l’institution officielle de l’esclavage à Bourbon par lettres patentes du roi. C’est un instrument qui, à lui seul, incarne l’âme de la musique réunionnaise : il résume toute l’histoire de l’île, l’héritage des esclaves dans les plantations. Ce sont eux qui ont construit les premiers kayambs avec ce qu’ils trouvaient dans les champs : du bois, des graines de cascavelle et des tiges de fleur de canne.