3ème - Maloya & Créolité

« Comment le maloya permet-il à la culture réunionnaise de se transmettre tout en se renouvelant ? »


Hommage et revendication


Si le maloya rend hommage aux ancêtres, il est aussi le moyen de se moquer des maîtres, avec quelques paroles en français. Durant la période de l’esclavage les colons craignent ces services kabaré jusqu’à les proscrire dans leurs propriétés. Ces chants, danses et complaintes se pratiquent en cachette des maîtres après le labeur, le plus souvent le soir dans les camps ou à l’extérieur des cours d’usine. Ces chants et danses marquent aussi la fin des campagnes sucrières. Ces complaintes sont chantées par un choriste et repris par un chœur dans lesquelles paraissent des mots de leurs anciens dialectes. Ils chantaient et pleuraient leurs peines et leurs maux, en se languissant ou en accélérant le rythme

Pratique Interdite

À la fin des années 1950 le maloya est prohibé par l'administration coloniale, car cette dernière refuse le droit d'expression au peuple réunionnais de peur de voir grandir l'idée d'une indépendance. Il est donc joué de manière clandestine dans des lieux secrets, tels que dans des champs de canne à sucre loin des habitations. À cette époque le simple fait de détenir des instruments tels que le kayamb, le roulér, et autres était sévèrement répréhensible. Grâce à certains militants qui organisent des concerts clandestins , le maloya perdure, et c'est en 1976 que le maloya revient au grand jour, par l'édition du premier vinyle de la troupe Firmin Viry. Depuis, elle est mise à l'honneur par des auteurs-compositeurs tels Danyèl Waro, Gramoun Lélé, Ziskakan.

Instrument du Maloya

Le Piker

Le pikèr (ou piqueur, parfois appelé sombrèr) est un instrument de percussion traditionnel de l’île de La Réunion, principalement utilisé pour marquer le rythme dans le maloya et le séga piqué

Instrument du Maloya :

Le Sati

Autrefois fabriqué à partir d’un baril en metal, le sati est aujourd’hui généralement fait d’un feuille en tole posé sur un stand. Il est frappé avec des baguettes en bois. Il produit un son sec et métallique, ajoutant du contraste et l’accentuation qui défini le rythme du Maloya. Il tient ses origines de la culture Malbar et s’intègre dans le maloya des engagés indiens qui ont probablement transmis le nom et le modèle culturel d’une percussion métallique.
À La Réunion, ce nom aurait ensuite été appliqué à un instrument créolisé, adapté aux matériaux disponibles et intégré à l’orchestre du maloya.

Instrument du Maloya

Le Rouler

Le roulèr (ou rouleur) est le gros tambour à percussion fondamental qui sert de base rythmique et de cœur battant au maloya l’exécutant est assis à cheval sur lui : ce qui permet de modifier la tension et donc le timbre en se servant d’un de ses pieds. Le rouleur doit probablement son nom à son usage. En effet on roule le maloya, c’est-à-dire qu’on roule les hanches en dansant. En outre l’instrumentaliste fait des roulements et donc fait rouler ses mains sur la peau du tambour. Le rouleur peut aussi tirer son nom de la musique qu’il produit : fait rouler maloya.